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Dans un long entretien avec nos confrères du Point, Jean-Michel Blanquer, évoque sa vision de la France. Interrogé sur les dérives racistes de l’UNEF de quelques autres organisations, le ministre de l’Éducation nationale fait un constat sans appel.

À la Sorbonne, “Les suppliantes”, d’Eschyle, ont été censurées par des groupes se présentant comme antiracistes. Cette “dictature des identités” va-t-elle bientôt rendre la vie commune impossible ?

Cette dérive identitaire et communautariste est l’un des sujets les plus graves de notre époque. Notre interaction avec les autres est à la fois ce qui nous définit et ce qui définit notre liberté. Il faut être très attentif à toutes les idéologies qui détruisent le collectif au profit de la communauté.

La société française n’est pas assez consciente du danger que représentent ces façons de penser, qui véhiculent en réalité un nouveau racisme et un nouvel antisémitisme. Je ressens cela nettement comme des forces de destruction auxquelles il faut opposer la force de la vie. La complaisance vis-a-vis de tout ce qui sape les sociétés occidentales est une figure psychologique de la haine de soi et une résurgence politique du nihilisme ; autrement dit, ce qu’il faut combattre si nous voulons un monde meilleur pour nos enfants.

J’ai dû m’insurger à deux reprises contre les initiatives nauséabondes du syndicat SUD93 d’organiser des réunions dites “racisées”. Ce vocabulaire est ignoble et la pensée faible qui charrie tout cela a malheureusement de forts bastions. Cette violence latente nous oblige à être lucides. C’est un grand enjeu intellectuel et politique de prendre la mesure de ce défi, car les personnes qui pensent ainsi ont développé des fiefs dans le monde politique, culturel, universitaire… Ne pas le voir, c’est un peu comme s’aveugler sur la montée du fascisme dans les années 1920.


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