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Karim Benzema a déposé plainte mardi pour diffamation contre le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui avait affirmé que l’ex-star du Real Madrid entretenait des liens « notoires » avec l’organisation islamiste des Frères musulmans, selon la plainte, consultée par l’AFP et révélée par nos confrères de RTL.

Gérald Darmanin avait réagi après la publication par le footballeur mi-octobre sur X (ex-Twitter) d’un message de soutien aux habitants de Gaza victimes, selon lui, de « bombardements injustes ».

Le ministre de l’Intérieur avait avancé que cette prise de position s’expliquerait par les liens de Karim Benzema avec les Frères musulmans, une organisation islamiste née en Egypte, où elle est considérée comme « terroriste ».

« Karim Benzema est en lien, on le sait tous, notoire, avec les Frères musulmans », avait-t-il affirmé sur la chaîne CNews.

La plainte a été déposée devant la Cour de justice de la république (CJR), seule juridiction habilitée à poursuivre et juger des membres du gouvernement pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions.

Dans sa plainte, Karim Benzema, qui évolue aujourd’hui dans le club saoudien Al-Ittihad et affiche sa foi musulmane, réaffirme « n’avoir jamais eu le moindre lien avec l’organisation des Frères musulmans ni à (sa) connaissance avec quelqu’un qui s’en réclamerait ».

« Je mesure à quel point je suis, en raison de ma notoriété, instrumentalisé dans des jeux politiques d’autant plus scandaleux que les événements dramatiques depuis le 7 octobre méritent tout autre chose que ce type de déclarations », ajoute-t-il.

Contacté par l’AFP en octobre, l’entourage du ministre avait invoqué une « lente dérive des prises de position de Karim Benzema vers un islam dur, rigoriste, caractéristique de l’idéologie frériste« .

Il avait également rappelé le refus de Karim Benzema de chanter l’hymne national quand il jouait sous les couleurs de la France ou son « prosélytisme sur les réseaux sociaux ».

Nos confères de l’AFP rappellent que les plaintes adressées à la CJR sont filtrées par une commission des requêtes, qui peut les classer ou les transmettre à une commission d’instruction. A l’issue de l’instruction, cette commission décide d’un non-lieu ou d’un renvoi en procès.

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