Juges rouges en France et en Allemagne : les États-Unis disent « stop ! »

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L’information a quelque chose de savoureux, presque irréel. Les États-Unis envisageraient de sanctionner des magistrats européens. Non pas pour corruption, non pas pour complaisance avec des régimes autoritaires, mais pour avoir eu l’outrecuidance de s’attaquer à certains partis politiques jugés amis de la Maison-Blanche actuelle : AfD, RN, etc.. La scène est délicieuse : l’Europe, si prompte à donner des leçons au monde entier, découvre à son tour ce que signifie être rappelée à l’ordre.

Une indignation européenne très sélective

Depuis des années, Bruxelles sermonne. La Pologne, la Hongrie, l’Italie, bientôt la Slovaquie, hier la Roumanie : tout le monde y passe. Toujours au nom de l’État de droit, notion magique, extensible, élastique, dont l’interprétation varie selon le résultat des urnes. Mais voilà que l’Amérique, cette même Amérique que l’Union européenne regarde avec un mélange de condescendance morale et de dépendance stratégique, se permet à son tour de juger… les juges.


Quand la démocratie se défend… ou s’étouffe

Le plus amusant reste sans doute la logique invoquée. Interdire un parti, empêcher une candidate de se présenter, placer des élus sous surveillance : tout cela serait nécessaire pour protéger la démocratie. Mais lorsque Washington pointe du doigt ces pratiques, la démocratie devient soudain fragile, menacée, presque sacrée. Curieuse conception où la démocratie se défend en réduisant le choix des électeurs.

L’Europe donneuse de leçons prise à son propre jeu

Il faut reconnaître une chose à l’administration américaine : elle applique à l’Europe les méthodes que l’Europe applique au reste du continent depuis des années. Sanctions, pressions, mises à l’index. Rien de nouveau sous le soleil. Simplement, cette fois, l’Europe n’est plus du côté de ceux qui distribuent les bons et les mauvais points. Et le changement de rôle semble lui réussir assez mal.

Le grand malaise des élites européennes

Derrière cette affaire se cache un malaise plus profond. Les élites politiques et judiciaires européennes supportent de moins en moins la contestation populaire. Elles invoquent la loi pour neutraliser le vote, la morale pour disqualifier l’opposition, et l’État de droit pour verrouiller le débat. Que cette mécanique soit aujourd’hui observée, commentée et éventuellement sanctionnée de l’extérieur provoque une panique à peine dissimulée.

Et maintenant, on fait quoi en France ?

La vraie question, pourtant, reste soigneusement évitée. Si l’on commence à s’intéresser à l’impartialité des juges, à leurs réseaux, à leurs engagements idéologiques, à leurs fréquentations, pourquoi s’arrêter à l’Allemagne ou à la France vue de Washington ? Quand posera-t-on enfin la question chez nous : celle des magistrats, des députés, des sénateurs, des journalistes, des cadres de l’audiovisuel public, tous soigneusement protégés par un entre-soi que plus personne n’ose interroger ?

Il est parfois utile que quelqu’un, même venu de l’autre côté de l’Atlantique, rappelle aux élites européennes que l’État de droit n’est pas une arme politique à usage exclusif.

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