Bayrou bientôt promu au club doré des rentes républicaines

Illustration LLP

Bayrou savait ce qu’il faisait. Ceux qui s’étonnent de son refus de se battre jusqu’au bout à Matignon n’ont rien compris à l’art subtil de la politique française, où l’échec apparent peut se transformer en victoire personnelle.

En choisissant de « se faire sortir » par l’Assemblée, le patron centriste a en réalité activé le levier le plus confortable du pouvoir : celui qui commence une fois qu’on n’a plus de comptes à rendre. Car un Premier ministre qui s’efface ne disparaît jamais vraiment. Il entre dans le club feutré des anciens chefs du gouvernement, un cercle où les privilèges valent bien plus qu’un siège au Conseil des ministres.


La liste a de quoi faire pâlir n’importe quel salarié qui finit sa carrière après quarante années de labeur :

– Un assistant personnel payé par l’État, pour gérer courrier, appels et rendez-vous.

– Une voiture avec chauffeur, carburant compris.

– Un agent de sécurité dédié, jusqu’à la fin de ses jours.

– Et, cerise sur le gâteau, une indemnité de départ d’un peu moins de 50.000 euros.

Autant dire que Bayrou n’a plus besoin d’user ses forces à batailler dans l’hémicycle d’un pays qui ne l’aime pas. Il a décroché le pactole institutionnel, la rente à vie de la République.

Certes, un ancien Premier ministre peut refuser ces largesses. Mais dans les faits, rares sont ceux qui tournent le dos à ce confort. Qu’importe qu’ils retrouvent une sinécure dans le privé ou un mandat électif rémunéré : la voiture, le chauffeur et le secrétaire suivent, comme une ombre grasse aux frais du contribuable.

Voilà donc le vrai coup de maître de Bayrou : se faire « virer » en apparence pour mieux entrer dans la rente républicaine. Pas besoin de se tordre en débats houleux : l’État lui offre désormais, pour le restant de ses jours, ce que beaucoup de Français n’obtiendront jamais après une vie entière de travail.

Au fond, la seule Assemblée qui l’ait vraiment couronné, c’est celle des privilèges de la République.

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