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En 1961, le major KGB Anatoli Golitsyne passait chez les Américains.

Longuement entendu, il leur expliqua que, suivant le plan récent d’Alexandre Shelepine, la désinformation était utilisée par le KGB comme instrument de politique étrangère. Il leur disait, en somme, qu’ils étaient manipulés à loisir. Énervés, les Américains arrêtaient les interrogatoires et le définissaient comme paranoïaque. Aujourd’hui, on dirait complotiste.

Les analyses et les prévisions que Golitsyne a continué à produire pour les services américains n’étaient pas lues.

Après 1985, par exemple, il mettait en garde contre Gorbatchev, ce qui ne pouvait qu’agacer des Occidentaux qui adoraient le premier secrétaire soviétique.

Il prévoyait le démantèlement, en 1989, du glacis est-européen, mais personne n’a fait attention. On préférait la version révolutionnaire de ce démantèlement, tellement plus romantique – mais aussi bien plus rassurante : Moscou n’avait plus aucun pouvoir, murmurait-on dans les cabinets ministériels, et on était bien content.

Ces derniers temps, les génies qui peuplent les ministères ont découvert que la désinformation existe et qu’elle fonctionne à merveille. Ils veulent même la combattre. Reste à savoir si les « experts » auxquels cette tâche incombera seront capables de reconnaître le vrai du faux, et s’ils n’auront pas pour mission d’éliminer comme mensongères les réalités qui pourraient gêner le pouvoir.

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