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Défaire est à la portée du premier venu. Il ne faut, pour cela, aucun savoir, aucun talent, et ce n’est nullement une besogne glorieuse. Pourtant, c’est le destin que s’est choisi M. Macron il y a cinq ans : celui de démolisseur. Il en a fait une stratégie, presque une doctrine. L’ancien monde politique – et l’ancien monde tout court – devait s’écrouler devant l’impétuosité de sa marche vers quelque chose d’autre, une chose que lui-même ne pouvait définir clairement.

Des inconscients ont loué, à l’époque, la maîtrise avec laquelle il a démonté et anéanti les partis pour les remplacer par le ramassis qui lui a servi de majorité absolue. Il n’a obtenu, en fin de compte, qu’une grande confusion, un chaos qui ne lui a été en rien profitable, à part donner une base institutionnelle à ses discours fumeux et dépourvus, la plupart du temps, de conséquences.

Le résultat des élections législatives n’est que la conséquence de ce qui a été pris pour l’audacieuse pensée politique de M. Macron et qui n’était, en réalité, qu’une série de combinaisons destinées, tout simplement, à la mener au pouvoir. Mais l’échafaudage de trahisons sur lequel il s’est hissé n’a pas été assez haut. M. Macron a raté la démolition à laquelle il s’était engagé. C’est rare ! Et cela montre que les limites de son habileté manœuvrière sont bien plus étroites qu’il n’a été cru un moment. Il lui faudra, maintenant, piétiner parmi les gravats qui lui rappelleront sans cesse que l’heure de la post-politique n’est pas encore venue et que son heure de gloire à lui est bien derrière.

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