Gilmanshin / Shutterstock
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D’abord, rappelons les chiffres, car ils sont au coeur du scandale : Aéroports de Paris rapporte chaque année à l’Etat 170 millions d’euros de dividendes et 260 millions d’euros d’impôts sur les sociétés. Donc, que vous choisissiez de le dire en argot ou en franglais, ADP, c’est une pompe à fric, une véritable cash-machine.

L’idée même que l’Etat souhaite se séparer d’une telle source de revenus défie l’entendement. Ce qu’avait très bien résumé le sénateur LR Roger Karoutchi.

“Tout ça est extrêmement inquiétant. Autant je comprends une privatisation quand une entreprise publique ne marche pas et ne peut pas marcher tant qu’elle est tenue par les règles publiques, je comprends. Aéroports de Paris est une entreprise publique qui marche bien, qui fait des bénéfices, qui investit. Franchement, gardez-là !”

Il n’en est pas question, a répondu Bruno Le Maire, cette privatisation est une “nécessité absolue” (sic). Une réponse qui a fait se lever plus d’un sourcil.

Et les explications chiffrées plus détaillées confinent à l’insulte à notre intelligence. Lisez plutôt.

La vente des 50,6% d’actions d’ADP détenue par l’Etat devrait rapporter entre 8 et 9 milliards d’euros. En même temps, l’Etat souhaite vendre un autre bijou de famille : la Française des Jeux, ainsi que des participations au sein d’ENGIE, anciennement EDF.

Tout ça doit permettre de constituer un fonds de 10 milliards d’euros qui sera placé sur les marchés financiers et qui pourrait, selon les prévisions du gouvernement, rapporter 250 à 300 millions d’euros par an (sauf en cas de crise boursière, bien évidemment). Et ces 250 à 300 millions sont destinés à financer des projets innovants qu’on a, nous dit-on, pas les moyens de financer autrement.

Résumons d’une phrase : on vend tout parce qu’on n’a pas les moyens de financer 300 millions d’euros de projets alors qu’ADP seul nous rapporte déjà 430 millions par an. Voila, voila…

Seulement, vendre et transformer le tout en un fonds spéculatif présente un énorme avantage pour… les banques. Des commissions surréalistes sont facturées par les banques à chaque transaction. Or, les 430 millions annuels actuels ne passent pas par les marchés spéculatifs. Aucune banque ne prend de commission. Bruno Le Maire a donc raison : ces privatisations sont une nécessité………. pour les banques !

Le sénateur socialiste Martial Bourquin pose la question qui fâche :

“Il n’y aurait pas eu Toulouse, il n’y aurait pas eu les autoroutes, on pourrait s’interroger. Mais là, on ne s’interroge plus. On sait que c’est une rente toute faite pour celui qui prendrait Aéroports de Paris demain. Alors on s’interroge : est-ce qu’après Nantes, euh, il faut satisfaire VINCI à Paris ? on s’interroge…”

Bref, on s’interroge beaucoup, et on nous répond peu… Etrange, non ?


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Julien Michel