J’écris cet édito alors que je suis encore devant mon téléviseur, absolument effarée par ce que j’y vois.
Un certain Grégoire Delacourt, dont l’encéphalogramme ne donne pas envie, étale son inculture religieuse, son incompréhension des allégories bibliques qui nous enseignent l’Absolu, et tente de vendre son livre, labellisé « fausse littérature » par une Christine Angot fort en verve ce soir.
Juste auparavant, Georges Kiejman a enchainé les contre-vérités, de son air suffisant habituel.
Non, « maître », le curé d’Uruffle n’a pas refait sa vie en se mariant en sortant de prison : il s’est retiré en l’abbaye Sainte-Anne de Kergonan à Plouharnel dans le département du Morbihan, où il est mort en 2010 à l’âge de quatre-vingt-dix ans.
Non, « maître », il est faux de dire qu’aucune autorité musulmane ne condamne le terrorisme islamique. Les plus hautes autorités de l’islam le font régulièrement, au contraire. Le problème, c’est que l’islam n’est pas une religion cléricale pyramidale, et que l’autorité y est extrêmement fragmentée.
Non, « maître », Pie XII n’a pas trahi les Juifs. Au contraire. Rappelons ce que disait Gold Meir à l’occasion de la mort du pape, en 1958 : « Pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du pape s’est élevée pour condamner les bourreaux et pour exprimer sa compassion envers les victimes ».
Bref, l’émission de ce soir fut une calamité, et il est triste de constater que le niveau culturel de l’animateur – de bonne volonté, néanmoins, c’est évident – ne lui permet pas d’apporter immédiatement les corrections que la vérité exige.
Je ne sais pas si On n’est pas couché, mais ce qui est sûr, c’est qu’on n’est pas sorti de l’auberge.