On le sait, un équilibre fragile tient le gouvernement en vie jusqu’à la prochaine dissolution. Dans cet équilibre, le RN jouait jusqu’à cette semaine un rôle primordial, qui lui permettait de peser un tantinet sur la politique de Matignon. mais ça, c’était « avant ». Aujourd’hui, tout a changé avec la condamnation de Marine Le Pen. C’est simple : le RN ne peut plus s’offrir le luxe d’une dissolution anticipée, puisque Marine Le Pen n’a pour l’instant plus le droit de se présenter à une élection, et elle perdrait donc ainsi son siège.

François Bayrou n’a pas mis longtemps à le comprendre et à en tirer les leçons. Lui qui avait tenté de faire illusion en passant momentanément pour un homme de droite vient immédiatement de reprendre sa posture que nous lui connaissons depuis des décennies : « courage, fuyons ».

Ainsi, alors qu’il prétendait vouloir sévir sur le port du voile islamique dans le sport, il vient juste de faire volte-face.

Selon nos confrères de L’Opinion, interpelé sur le sujet par Laurent Wauquiez lors du petit-déjeuner de la majorité mardi matin, François Bayrou s’est déclaré défavorable à l’inscription à l’agenda de l’Assemblée nationale de la proposition de loi interdisant le port du voile dans le sport, adoptée le 18 février au Sénat, selon deux participants à la réunion. « Il ne faut pas stigmatiser nos neuf millions de compatriotes musulmans », a estimé, selon eux, le Premier ministre.

Voila une conséquence inattendue de la condamnation de Marine Le Pen. Une conséquence qui ne doit pas déplaire aux juges qui l’ont condamnée…