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Le comptage des manifestants du 5 décembre, avec le jeu habituel entre les autorités et les organisateurs, n’a que peu d’importance. Personne ne nie l’évidence : la mobilisation fut un succès. Mais il y a un autre aspect qu’il ne faut pas négliger : cette mobilisation est une réussite des grandes centrales syndicales. Et c’est une bonne nouvelle.

La mouvement des Gilets jaunes avait inauguré une sorte d’expression directe des mécontentements populaires. Ceci avait permis de faire sortir quelques sujets nouveaux – je pense au RIC en particulier – mais la désorganisation a eu raison du mouvement et l’absence d’interlocuteur légitime issu du mouvement avait empêché toute négociation sérieuse avec le pouvoir.

Le retour des corps intermédiaires – en l’espèce, les syndicats – n’est pas à regarder avec cynisme, mais avec satisfaction. Même si Martinez le moustachu est caricatural – quel meneur syndical ne l’est pas, d’une manière ou d’une autre, d’ailleurs ? – la polarisation de négociations à venir entre d’un côté les syndicats et de l’autre le gouvernement permet de donner une chance à de possibles résultats constructifs.

La France d’après-guerre – celle qui construisit la version moderne de la Sécurité sociale, etc. – fut le résultat d’un équilibre subtil entre les forces. Rien n’est aujourd’hui constructible si l’on continue sans les corps intermédiaires, selon le rêve des Gilets jaunes.

Il y a en France une énorme défiance à l’égard des autorités. Plus personne ne croit rien de ce qui vient des salons du pouvoir. Pourtant, pour avancer, il va bien falloir recréer un brin de confiance. Le retour d’un dialogue codifié peut y aider.

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