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Nos confrères de chez Conflits publient une excellente analyse. Extraits :

L’attaque du 7 octobre 2023 du Hamas rappelle la stratégie suivie par le FLN durant la guerre d’Algérie. La « guerre d’insurrection », qui vise à semer l’effroi et la terreur afin d’obliger un État à s’engager dans la guerre, cherche aussi à accaparer le monopole du combat en éliminant les concurrents à la rébellion. Le parallèle avec la guerre d’Algérie est criant pour Israël, mais aussi pour la France contemporaine.

Le 7 octobre 2023, le Hamas ne s’est pas contenté de tuer des populations civiles : il les a mutilées. Les exactions menées sur les victimes ont défiguré les corps par démembrements, mutilations génitales, amputation, etc. Il ne s’agissait pas uniquement de tuer, mais de semer une terreur indicible, un effroi gravé dans les mémoires. Une opération qui fut notamment permise par les renseignements transmis au Hamas par des Gazaouis travaillant dans les kibboutz : lieu des stocks d’armes, horaires de travail, fonctionnement de la sécurité. Des ennemis de l’intérieur qui avaient pourtant bénéficié de passeports spéciaux pour travailler en Israël.

28 mai 1957, Melouza, 200 km au sud d’Alger. Dans ce village de près de 350 habitants, une partie de la population soutient Messali Hadj, président du Mouvement national algérien (MNA) et opposant au FLN. Au matin du 28 mai, des troupes du FLN prennent le village d’assaut, assassinant la population à coups de fusils, de pelles et de pioches. Les femmes sont violées, les hommes abattus, les corps mutilés. Dans les fermes environnantes, tenues par des Français, ce sont les ouvriers agricoles, acquis aux idées du FLN, qui ont conduit les massacres. Ceux qui partageaient les labeurs et la vie quotidienne des Européens se sont retournés contre eux : bébés fracassés contre les murs, femmes enceintes éventrées, hommes abattus et émasculés. À son arrivée sur les lieux, l’armée française découvre plus de 300 cadavres abandonnés et souillés. Les photos prises comme preuves des massacres, insoutenables, sont interdites de diffusion. Plus tard, le FLN fera croire que la responsabilité du massacre revient à l’armée française. La stratégie de l’insurrection est habile : semer la terreur parmi les sympathisants du MNA pour les forcer à rejoindre le FLN qui veut apparaître comme le seul mouvement de la résistance algérienne, créer un massacre tel que l’armée française soit obligée de réagir, avec violence, afin de démontrer à l’opinion qu’elle tient le pays, créer un traumatisme parmi les Français d’Algérie pour leur faire comprendre qu’ils ne seront en sécurité nulle part, traumatisme d’autant plus grand que ce sont souvent des ouvriers agricoles connus de tous qui ont tué et non pas des combattants anonymes du FLN. Peu importe le nombre de morts, ce qui compte ce sont les images et la terreur.

Melouza n’est pas un cas isolé. Tout au long de la guerre d’Algérie, de 1945 à 1962, les massacres des populations civiles ont été la norme. À Sétif, à partir du 8 mai 1945, ce sont cinq jours de massacres des Européens, qui se solde par un total de 103 morts. L’objectif visé est atteint : terreur des nationalistes et répression de l’armée qui contribue à séparer les deux populations et à renforcer le mouvement indépendantiste.

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