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Yaël Goosz est chef du service politique de France Inter, payé avec vos impôts…

Il y a bien, Yael, une mécanique trumpiste en marche chez Zemmour ?

Même le journaliste américain Roger Cohen, plume du New York Times, fait le parallèle. Il y a cinq ans, Trump déborde, lui aussi, du petit écran, de la télé-réalité, pour investir le champ politique. Eric Zemmour revendique lui-même cette proximité en copiant la couverture de “Great Again”, le livre de campagne de Trump (même posture sur la photo, même drapeau en grand). De RTL à CNews, combien d’éditos a-t-il signé pour soutenir sa politique ?

Mais ça marche dans les deux sens. La théorie du grand remplacement, made in France, est celle sur laquelle Trump a fondé son ascension : la peur des Blancs menacés par la submersion migratoire. Les Mexicains ? « Des violeurs », disait Trump. Pour Zemmour, ce sont les mineurs isolés.

On accuse l’ex-Président d’avoir incité à marcher sur la Capitole ? En 2019, Eric Zemmour appelle les jeunes Français « à ne pas vivre en minorité » sur leur terre et à « se battre pour leur libération ». Dans les deux cas, l’appel à la guerre civile n’est jamais loin.

La provocation H24 pour être toujours au centre, sans cesse commenté, fact-checké, conspué ou adulé : « Cela marche à tous les coups », affirment ses proches.

Comme Trump, Zemmour propose moins d’Etat et moins d’impôts. Comme Trump, il admire les autocrates, Orban, ou les pays qui font des bras d’honneur à Bruxelles : le 20 novembre, il sera à Londres. Trump avait le soutien du Ku Klux Klan, Zemmour séduit Action Française.

Si ça a fonctionné aux Etats-Unis, c’est aussi parce qu’une alchimie s’est produite avec les médias. Des rédactions ont abdiqué. Est-ce que tout se vaut, est-ce qu’un émetteur politique qui relativise tout, de Dreyfus à Pétain, doit avoir autant de place et d’espace que son contradicteur.

Une vaste étude menée par Sciences Po décrit comment la presse américaine s’est laissé contaminer, par paresse, sens du clash ou intérêt commercial, par les médias d’opinion du camp Trump. Le crash test français pour Zemmour se jouera, aussi, sur ce terrain-là.

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