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L’information majeure du livre de Jérôme Fourquet, L’Archipel français, c’est la confirmation indéniable que la France, jadis “fille aînée de l’Eglise”, est définitivement entrée dans le post-christianisme.

Traduisons pour les durs d’oreille : plus personne ne croit en Jésus, Fils de Dieu, Dieu Lui-même, mort et vraiment ressuscité, vainqueur de la mort et du péché. Plus personne, si ce n’est un peu moins de 5% de la population, et encore ne faut-il pas aller voir de trop près ce à quoi les pratiquants croient vraiment… on risquerait d’être très désagréablement surpris. Lisez par exemple les réactions des “catholiques” lorsque le Pape fait son job et ose parler du Diable…

Pour la première fois dans l’histoire récente des Hommes (ces derniers quatre millénaires), une nation va tenter d’exister sans religion, sans transcendance. Pour la première fois, un peuple va essayer de se trouver un projet commun motivant et rassembleur (traduction de “nation”) sans aucun lien avec une foi surnaturelle.

Il y a bien longtemps que l’éthique (républicaine, par exemple), s’est affranchie de toute morale d’inspiration divine. De nombreux pas ont été franchis, qu’il serait trop long d’énumérer ici, dans la dissociation de la société d’avec la morale. Le résultat est déjà monstrueux : chacun est en lutte contre le groupe. Les particularismes veulent édicter la règle générale et les minorités dominent les majorités. Le monde est fou, va très mal, et tourne en vrille : c’est le commencement de la société post-chrétienne.

La nature humaine ayant horreur du vide, chacun y va de sa propre petite religion faite de bric et de broc. L’une est Vegan et se fait vite Vegano-Taliban. L’autre passe ses vacances dans des centres de Mindfulness pour bobos stressés, à écouter les conseils de gourous autoproclamés vendant le plus cher possible leurs livres qui se ressemblent tous. Un troisième se tourne vers l’islam, ce système ultra-rigoureux qui offre un cadre et un système conçus pour être compris sans souci jusque par des bergers nomades.

L’islam aura, c’est évident, son heure de gloire en France. C’est déjà, à n’en point douter, la religion la plus pratiquée – ou la plus affirmée – dans l’Hexagone.

L’ère post-chrétienne, dans laquelle nous sommes entrés sans même nous en apercevoir, sera une période de fragmentation. Fragmentation des groupes socio-économiques (les élites n’ont déjà pratiquement plus aucun contact avec le peuple des régions…), fragmentation des obsessions, fragmentation de micro-luttes permanentes, haines ethniques, haines sociales, haines économiques, et j’en passe. Et RIEN pour unir. Plus RIEN pour rassembler.

Le beau mot de Fraternité porté sur les frontons est vide de sens lorsque Dieu a disparu : on ne peut être frères si l’on n’a pas le même Père. L’Eglise catholique avait peut être des défauts – quelle organisation n’en a pas ? – mais elle avait une énorme qualité qui va terriblement manquer dans les siècles à venir : elle rassemblait le maître et le serviteur, qui se retrouvaient tous deux à genoux priant le même Père, se sachant finalement frères. L’Eglise catholique, via la pratique des Sacrements, permettait d’unir, de lier des individus qui se désindividualisaient, pour devenir ce fameux “corps mystique du Christ”.

Sans le décalogue, inventé pour qu’un peuple puisse faire société et croître en bonne intelligence, le monde explose. Chaque petite particule issue de l’explosion est coupante, acérée, et tourne dans le vide. Il ne reste plus qu’à espérer que Marthe Robin avait raison, et qu’il faut que la France “tombe au plus bas” pour entamer sa remontée. Je veux bien espérer, par réflexe, mais vous ne m’en voudrez pas de vous avouer que j’ai comme un mauvais pressentiment…

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