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Hilaire de Crémiers analyse dans Politique magazine le projet de loi sur le séparatisme. Extraits :

[…] Tout le monde sait que plus personne ne contrôle les banlieues, les quartiers dits sensibles qu’aucun organisme, même policier, ne peut sérieusement inspecter ni même répertorier, les mosquées encore moins, même si, de temps en temps, il en est qui sont visées par une décision judiciaire ou administrative, comme à l’encontre des quelques trop visibles associations qui promeuvent publiquement un islam radical, tel le Collectif contre l’islamophobie. Mais pour le reste qui pullule par milliers sous tous les prétextes possibles, du religieux à l’éducatif, du culturel au sportif, avec toutes sortes de complicités locales, que peut la loi ? Sans compter les querelles qui divisent les organisations musulmanes et qui rendent vaines toutes les tentatives de constituer un islam de France. La Grande Mosquée de Paris vient encore de le faire savoir.

Les hommes politiques qui, en plus, n’y comprennent rien, sont totalement désarmés. Discours et propositions tiennent lieu d’action. Le texte de la loi ne se présente plus, pour qui veut bien comprendre, que comme la liste des carences et des impuissances de l’État. Pour le dire clairement, de la République.

L’astuce consiste alors à l’habiller en bulletin de victoire et en résolution martiale. Rien de plus facile : l’histoire a bon dos ; la République, c’est connu, a vaincu l’Église catholique et l’a réduite à sa loi et à son droit. Voilà donc le modèle. Un seul absolu : la République ; le reste ne peut être que du particulier et du relatif. Dans cet esprit, les musulmans n’auront plus qu’à se plier à la loi républicaine comme les catholiques. C’est ainsi que l’intitulé est devenu « Projet de loi visant à conforter les principes républicains ». C’est sous le patronage de la loi de 1905 qu’il fut présenté au conseil des ministres pour le 115e anniversaire de la promulgation de cette loi dite de séparation qui garantit la laïcité de l’État.

(…) Le Premier ministre Castex « s’est défendu de légiférer contre les religions et contre la religion musulmane en particulier ». Il a précisé : « C’est à l’inverse une loi de liberté, une loi de protection, une loi d’émancipation face au fondamentalisme religieux. » Et de parler de « stratégie d’ensemble » et de « promesse républicaine ».

La loi se contente donc de rendre automatique l’inscription au Fichier des auteurs d’infraction terroriste les personnes condamnées pour provocation ou apologie d’actes de terrorisme. Tiens, donc ! D’étendre l’obligation de neutralité aux services publics, donc aux transports. Tiens, donc ! De créer un délit de mise en danger de la vie d’autrui par diffusion d’informations. Tiens, donc ! De demander aux associations qui sollicitent des subventions – et qui les obtiennent ! – de s’engager à respecter les valeurs de la République. Tiens, donc ! De façon, est-il précisé, que l’argent public ne puisse pas financer « ceux qui y contreviennent ». Tiens, donc ! De faire en sorte que la polygamie devienne un motif de refus pour les titres de séjour. Tiens, donc ! De donner aux enfants en âge d’être scolarisés un identifiant national pour contrôler l’enseignement dit à domicile. Tiens, donc ! Enfin, d’engager les associations loi de 1901 qui forment le substrat des statuts juridiques des organisations musulmanes, à passer sous le statut de 1905 pour que les financements, notamment étrangers, puissent être vérifiés. Tiens, donc ! Et qui finance qui ? Et jusqu’où ? Un tel statut éviterait aussi les « putschs extrémistes ». Tiens, donc ! Resterait alors à former des cadres musulmans en France ; on connaît déjà les vaines tentatives opérées sous Sarkozy.

Ainsi, pensent Macron et tous les politiciens à sa suite, sera-t-il possible de faite émerger un islam de France ? Un islam qui se fondra comme le catholicisme français dans la République !

Cette loi n’est qu’une immense duperie. Une de plus. Ceux qui vont le plus y perdre sont, d’ailleurs, les Français d’origine musulmane qui sont d’abord attachés à la France. Et qu’il aurait fallu commencer par privilégier. Tel n’est pas le cas. L’affaire de l’islam et de l’islamisme va continuer à pourrir. En France et la France. Assimilation, intégration, reviennent les mêmes mots qu’au moment de l’affaire d’Algérie. Avec la même impossibilité républicaine de résoudre le problème. Et, vraisemblablement, la même tragédie au final.

La vérité que personne ne dit : la République est historiquement et idéologiquement, malgré Tocqueville, une rupture radicale, et constamment renouvelée, avec le génie propre de notre pays. Elle est incapable d’assumer la charge de notre destin national. Par sa nature même, la République est un séparatisme qui a réussi à s’emparer de l’État. Elle n’est même que ça. Et elle ne cesse de reprendre sa même entreprise qui est de séparer la France de son histoire et de ses sources de vie. Comment pourrait-elle dans ces conditions s’opposer au séparatisme islamique ? La loi prouve qu’elle a déjà renoncé.

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