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La tension est croissante entre la France et la Turquie. Les déclarations belliqueuses d’Erdogan au long des années ont été négligées, mais ses actions récentes ont transformé peu à peu cette négligence en inquiétude. Et si le leader turc caressait vraiment l’idée d’une reconstruction de l’empire ottoman ?

Deux événements récents ont confirmé qu’il y avait de quoi s’inquiéter. Tout d’abord la re-transformation de la basilique Sainte-Sophie en mosquée. Erdogan a voulu ici confirmer l’ancrage islamique de son action à la tête de son pays, au nez et à la barbe de l’Occident. Il a même poussé la provocation jusqu’à inviter Sa Sainteté le Pape François à la première prière musulmane dite dans la basilique.

Le deuxième événement a moins de portée symbolique, mais est encore plus dangereux. Lundi, Ankara a déployé un navire d’exploration sous-marine, escorté par des bâtiments militaires, dans le sud-est de la mer Égée, une zone de la Méditerranée disputée et riche en gisements gaziers. La marine grecque est également présente dans la zone pour «surveiller» les activités turques, selon Athènes.

C’est à ce moment que la France a décidé d’intervenir en déployant «temporairement» deux chasseurs Rafale et deux bâtiments de guerre en Méditerranée orientale afin de marquer «sa volonté de faire respecter le droit international», a annoncé Paris.

Les deux Rafale vont faire «étape» pendant «quelques jours» à La Sude, en Crète, a indiqué le ministère français des Armées. Le porte-hélicoptères Tonnerre, qui était en route vers Beyrouth où il est attendu vendredi pour apporter de l’aide après l’explosion meurtrière du 4 août, a par ailleurs été rejoint dans la nuit de mercredi à jeudi par la frégate La Fayette. Les deux bâtiments ont effectué un exercice avec la marine grecque.

En réponse, le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi son homologue français Emmanuel Macron de visées « coloniales » au Liban. Et il qualifie sa récente visite à Beyrouth de « spectacle ».

La presse progouvernementale turque, quant à elle, a accueilli la nouvelle de notre déploiement militaire avec indignation, accusant la France de « dépasser les bornes » et de « chercher la guerre ».

Et si nous la cherchions, serait-ce si déplorable et injustifié ?

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