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La Lettre du Président de la République n’arrive pas seulement “trop tard” dans l’échelle du temps du mouvement des Gilets jaunes, pas seulement “trop tard” dans l’échelle du temps du quinquennat ; non, cette lettre qui convie – enfin – les Français à exprimer leur avis en détails sur de nombreux sujets, arrive quatorze ans en retard, depuis ce moment fatidique où l’on fit croire aux Français que leur vote au référendum sur la constitution européenne aurait quelque valeur, pour violer ce même vote deux ans plus tard.

Il faut le redire : la véritable rupture, le craquement, la faille qui se transforme en canyon, entre le Peuple de France et les “élites” auto-proclamées (Pouvoir + Presse), date de ces deux événements joints. Lorsque les Français votèrent à 54,67% “NON” au projet de constitution, espérant mettre un coup d’arrêt à la construction européenne devenue folle, ils venaient pourtant de subir un véritable matraquage médiatique.

Jean-Michel Apathie, sur BFM TV, raconte la rupture de 2005

Rappelons que plus de 71% de la couverture médiatique avait été accordée au “OUI” ! C’était ainsi qu’il “fallait voter”, le message était clair : honte aux promoteurs du “NON” ! Pourtant, contre toute attente des médias – qui ne voient souvent rien venir des mouvements populaires – le “NON” l’emporta. Ce fut la rupture.

Et lorsque Nicolas Sarkozy posa la signature de la France sur le traité de Lisbonne qui reprenait à peu de choses près les tenants et les aboutissants du traité rejeté, il planta un couteau dans le pacte de confiance qui liait jusqu’alors tant bien que mal les électeurs et les élus.

Les élites n’ont pas compris que cette trahison ne serait jamais pardonnée, ni que les Français la feraient un jour payer à toute la classe dirigeante dans son ensemble.

D’une certaine façon, le mouvement des Gilets jaunes est héritier de la trahison de Lisbonne.

Alors aujourd’hui, le jeune Président Macron convie les Français à s’exprimer sur tout un tas de sujets. J’ai bien lu les réactions, vos réactions, sur les réseaux sociaux ; elles s’apparentent pour la plupart à un rejet en bloc, un rejet de principe.

Pourtant, je crois qu’on peut appeler au calme et à la lecture de cette lettre.

Je crois aussi qu’on peut décider qu’il va de notre responsabilité de citoyens d’y répondre, ensemble, dans la diversité de nos points de vue. Je crois aussi qu’il sera difficile de se plaindre que nos réponses ne sont pas considérées… si on ne les formule pas.

Oui, le Pouvoir cherche à obtenir une pause dans le conflit qui l’oppose aux Gilets jaunes. Mais ceci n’invalide pas la possibilité qui est donnée à chacun de répondre à quelques questions, d’évoquer les sujets qui fâchent, et de mettre en quelque sorte “les mains dans le cambouis”.

Je n’aimerais pas avoir à dire un jour à mes futurs enfants : “On m’a consultée sur le fonctionnement du pays. Je n’ai pas voulu répondre.”


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Julien Michel