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Dans un dossier consacré aux menaces sur nos libertés, le mensuel La Nef a interrogé François-Xavier Bellamy. Extrait :

Le relativisme prétendait nous émanciper, il nous a rendus incapables de dialoguer. Si chacun a « sa » vérité, à quoi bon écouter la réflexion d’autrui ? La vie publique n’est plus une conversation, mais une confrontation, par laquelle il faut réduire au silence l’opinion qui me dérange. Le paradoxe est que les idéologies qui se prétendent libérales aboutissent à des pratiques de propagande et de censure de plus en plus intrusives. Prenez les sujets dits « de société » : un professeur de philosophie unanimement reconnu a été exclu de la faculté de Toulouse, dans le silence général, parce qu’il avait été opposé au « mariage pour tous ». Il a été démontré que les chaînes de France Télévisions avaient diffusé des heures de documentaires sur la GPA, tous positifs; cette pratique est pourtant encore illégale. Le CSA n’a jamais répondu aux questions posées sur le sujet, y compris par des élus de gauche… Des exemples de cette nature pourraient être multipliés à l’infini. Ils aboutissent à une autocensure permanente, dont je vois constamment les effets autour de moi dans la vie politique, comme dans les entreprises ou les universités– la ministre de l’enseignement supérieur s’en est elle-même inquiétée récemment.

Beaucoup dénoncent les « démocraties illibérales » en Europe de l’Est; mais le fait est que c’est nous qui devenons un pays « illibéral. » Les études internationales ne sont pas une référence absolue, mais le fait que The Economist ait récemment classé la France parmi les « démocraties défaillantes » confirme ce que nous ressentons tous. La multiplication des contraintes dans l’espace public aboutit en parallèle à un vrai déversoir sous pseudonymes sur les réseaux sociaux, où l’insulte et le mensonge tiennent souvent lieu d’argument.

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