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En choisissant François-Xavier Bellamy comme tête de liste LR aux élections européennes, Laurent Wauquiez était sûr d’avoir fait le bon choix. Bellamy, c’était l’assurance d’une “troisième voie”. Bellamy ne lui ferait pas un coup à la Juppé : il ne passerait pas à gauche ni même au centre. Bellamy, ça sentait bon Versailles et la droite RPR. Avec le jeune professeur de philosophie élu municipal, on récupérait une sorte de Marine Le Pen polie et cultivée, une manière de Philippe de Villiers citadin, un homme à la Séguin, mais de droite monarchiste. C’était tout bénéf’ : les grenouilles de bénitier allaient forcément se pâmer devant le bel homme enfin de droite, enfin catho, enfin pas européiste ni capitaliste.

Et puis, Badaboum !

Lors d’une rencontre avec les journalistes de l’association Europresse, on a demandé au jeune homme d’indiquer ses choix. Florilège :

“Ce qui est certain, c’est qu’entre la vision d’Emmanuel Macron et la vision de Marine Le Pen, je serais clairement plutôt du côté d’Emmanuel Macron.”

Aïe.

Pressé de dire ce qu’il pensait d’une Europe fédérale avec transfert de souveraineté, Bellamy répond :

“Aujourd’hui, ce ne serait pas souhaitable. Mais si demain on a réussi à faire progresser la conscience européenne, la conscience d’une communauté culturelle européenne, eh bien ça pourrait devenir souhaitable”

Re-aïe !

Sur le contrôle des migrations, il s’agit d’aller plus loin dans la coopération, pas de sortir de Schengen comme le voulait la droite en 2012.

Ca commence à piquer les yeux, pour un candidat qu’on vendait “troisième voie”, non?

Enfin, dernier clou dans le cercueil des espoirs LR aux élections européennes, Bellamy explique en une phrase conclusive sa vision de l’Europe :

“Je suis plutôt Juncker qu’Orban”

Voilà, c’est fini. En un instant, en un entretien, en une confession, l’illusion que caressaient certains chroniqueurs, l’espoir des rédactrices versaillaises de Famille Chrétienne, tout ça est parti en poussière. Il ne reste qu’une diffuse odeur de soufre. Et un joli garçon. La politique française va-t-elle désormais se réduire à de faux combats entre beaux garçons ? A vomir.


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Julien Michel