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On commence à s’y habituer : les Américains interviennent dans un pays, s’y enlisent, et partent sans trop se soucier de ce qu’ils laissent derrière eux, laissant souvent le pays dans un état encore pire qu’avant leur intervention. Viêtnam, Irak, et maintenant Afghanistan : la liste commence à être longue. 

Après ces échecs qui ont coûté des milliers d’hommes et des trillions de dollars, on pourrait penser que le Pentagone a enfin appris sa leçon. Et pourtant…

Si une comparaison à l’identique est bien évidemment impossible, les deux guerres suivent un schéma similaire. Tout d’abord l’intervention américaine rencontre un succès militaire relatif, et finit par s’enliser. Constatant l’impossibilité d’une victoire militaire décisive, ils transfèrent progressivement la plupart des missions à leur allié, un État fantoche, corrompu et incompétent qui dépend entièrement de l’aide financière et militaire américaine. Progressivement, les Américains retirent leurs troupes, et progressivement la situation se détériore. Enfin, après avoir affirmé laisser derrière eux un pays fonctionnel capable de se défendre, ils se retirent, et regardent depuis leurs hélicoptères le pays s’effondrer en quelques mois ou semaines. 

Cette histoire est celle du Sud-Vietnâm, de l’Irak et maintenant de l’Afghanistan. L’armée irakienne s’est effondrée devant l’offensive de Daech, culminant avec la chute de Mossoul en 2014. L’armée du Sud-Vietnâm, pourtant forte de dollars et de matériel américain, s’est écroulée devant les communistes. Maintenant, l’armée nationale afghane a cédé le pays aux Talibans quasiment sans se battre. 

Les raisons de cet effondrement sont souvent les mêmes : ces trois « États » étaient créés de toutes pièces et tentaient d’organiser un système libéral dans des pays qui sont tout sauf libéraux. Très souvent, les États-fantoches créés par les Yankees se transforment en machines à absorber l’aide américaine, au détriment du bien-être de ses habitants qui finissent par rejoindre le Viêt-Cong ou les Talibans. 

Cette croyance naïve en l’universalité de la démocratie libérale se traduit par une ignorance complète des particularités locales : composition ethnique, minorités religieuses, coutumes locales et ainsi de suite. Ce que les Français ont compris après l’Indochine et en Algérie, les Américains l’ont complètement ignoré. 

Celui qui ne connaît pas l’Histoire est condamné à la revivre : reste maintenant à voir quel sera le prochain pays où le Pentagone ira se casser les dents. 

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