Shutterstock
Shutterstock

Les résultats des élections européennes dessinent la France des années à venir.

Il faut d’abord parler des échecs les plus patents. Et parmi les plus grands perdants de ce suffrage, on trouve ceux qui ont quitté un navire principal pour créer leur petite barque indépendante. Comme absolument toujours dans l’histoire, cette stratégie ne paie pas. Ce dimanche, c’est Florian Philippot et Benoît Hamon qui en ont fait les frais. Leur tentative d’émancipation des appareils qui les ont faits n’a pas payé. Elle ne paie jamais.

Autre défaite : la France du catholicisme versaillais. François-Xavier Bellamy est probablement le dernier avatar historique d’une certaine France dont il faut bien constater la mort aujourd’hui. La France qui se lève pour Vincent Lambert, c’est microscopique, comparé à celle qui appelait de ses voeux que l’on “débranche” le jeune homme. Bellamy était du côté de la Foi catholique, qui veut qu’on n’interrompt pas une vie. Il était le témoin de ce qui fit la France, mais qu’elle rejette désormais en bloc. Il coule avec cette France-là, quand seulement 4% des Français vont au moins une fois par mois à la messe dominicale, et que parmi ces 4 % seule une infime minorité est réellement catholique, le reste constituant un grand troupeau de bisounours. Les Républicains n’ont plus aucune raison d’exister, puisque leur aile économique libérale est parfaitement représentée par Emmanuel Macron et leur bonapartisme se retrouve de facto au Rassemblement national.

La victoire du mouvement de Marine Le Pen n’a rien d’étonnant. Elle consacre une crevasse qui se transforme peu à peu en canyon entre deux France(s). Celle constituée de citoyens qui aimeraient bien qu’on s’occupe d’eux, de leur vie, de leurs problèmes, et qui ne comprennent pas pourquoi tout semble plus important que leur sort. L’autre “France” est simplement constituée de tous ceux qui détestent les premiers, les méprisent, et qui n’ont comme seul but politique que de les “battre”, les “faire échouer”. La France est tellement fendue en deux que la seule perspective politique d’une moitié est que l’autre moitié ne puisse avoir voie au chapitre. C’est d’une tristesse infinie, et c’est complètement improductif.

La nouveauté est à gauche. La France insoumise semble s’est fait voler la position de leader de la gauche par les écolos de EELV, consacrant une vague européenne. Il faudra désormais compter avec ce mouvement, qui vient remplacer l’extrême gauche habituelle et les communistes, devenus anecdotiques.

Enfin, il faut noter l’échec continuel de l’idée de Frexit. François Asselineau n’existe décidément que dans un monde virtuel. Confronté au réel, il est condamné par la réalité elle-même. Glissons sur les plus petites listes encore, et notons l’échec de la stratégie de Prévoisin à l’Alliance royale, qui s’enferme dans des résultats qui tiennent de la triste blague. Il est temps que le sieur de Prévoisin laisse sa place.

La France qui est sortie des urnes semble bien correspondre à ce que nous observons chaque jour. La vraie question est donc : comment recoudre ? Tout un programme, auquel personne ne s’attèle.

Print Friendly, PDF & Email