Une frappe israélienne a touché jeudi matin le toit de l’église catholique de la Sainte Famille, située dans le quartier de Zeitoun, au cœur de la ville de Gaza. L’attaque aurait été menée par un drone de Tsahal, selon plusieurs sources locales, faisant au moins huit blessés, dont le curé de la paroisse, le père Gabriel Romanelli.
Selon le Patriarcat latin de Jérusalem, la frappe est survenue alors qu’une équipe de paroissiens était montée sur le toit pour nettoyer des panneaux solaires obstrués par la poussière. Le père Romanelli, blessé à la jambe, est l’une des victimes signalées.
Une paroisse transformée en refuge
La paroisse de la Sainte Famille accueille actuellement environ une centaine de réfugiés catholiques, dont des familles, des enfants handicapés et des personnes âgées. Depuis le début de la guerre en octobre 2023, le site, qui comprend également une école et un couvent de sœurs de la charité, est devenu un lieu de refuge pour les chrétiens restés dans Gaza.
Malgré les ordres d’évacuation émis pour le quartier de Zeitoun, la communauté a choisi de rester, estimant qu’elle ne représentait aucune menace militaire. « Tout le monde sait que nous ne sommes pas des belligérants », a régulièrement affirmé le père Romanelli.
Contexte sécuritaire tendu
L’armée israélienne n’a pas confirmé à ce stade les circonstances précises de la frappe, ni précisé si l’opération avait été précédée d’une autorisation de monter sur le toit pour les travaux de nettoyage. La veille, l’armée avait toutefois donné son accord pour un accès temporaire à d’autres toits de la paroisse, dans un but similaire.
Depuis plusieurs semaines, le quartier subit des bombardements répétés. Le calme relatif observé jeudi matin avait permis aux paroissiens de reprendre brièvement leurs activités sur les installations solaires, avant l’explosion.
Des précédents
Ce n’est pas la première fois qu’un lieu de culte chrétien est touché dans le conflit. En octobre 2023, la paroisse orthodoxe Saint-Porphyre à Gaza avait elle aussi été frappée, provoquant la mort de 18 personnes. La communauté chrétienne, très minoritaire dans l’enclave, est présente à Gaza depuis les débuts du christianisme.