Photo : LLP
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Géraldine Woessner, journaliste d’Europe 1 spécialiste dans la vérification de faits, a expliqué sur Twitter pourquoi elle milite pour l’autorisation des statistiques ethniques en France. Nous reproduisons ici le thread intégral.

C’est insupportable. Si les mots on un sens, celui de « théorie » du grand remplacement est particulièrement mal choisi. Petit thread à l’attention des apprentis-combattants de la droite-extrême et des populismes.

La « théorie du Grand Remplacement » n’est PAS une « théorie » : c’est une PEUR, qui s’appuie sur des éléments concrets, que nous fournissent les pays qui, contrairement à la France, tiennent des statistiques ethniques….

Le « remplacement » de populations n’a rien de fantasmatique : il est advenu dans maintes villes des USA ou du Canada, où les Latinos sont maintenant majoritaires, et nos grands médias s’en sont fait l’écho, ici, ou ici.

Ce n’est pas un mal : c’est un FAIT. Dicté par la science démographique, avec lequel il faut composer. Il explique en partie l’élection de Donald Trump. Parfois, on sait l’affronter avec sang-froid et pragmatisme. On en débat ouvertement. On discute des politiques à conduire…

Le fait que des extrêmes aient repris ce concept n’y change rien: JE ne crois PAS qu’un pouvoir «remplaciste» œuvre pour m’imposer un ordre «mondialiste». Je ne crois PAS à la supériorité d’une race sur une autre. Mais si la pression démographique m’inquiète… #CestGraveDocteur ?

En France, on ne débat PAS. RIEN. On préfère NIER les taux de natalité plus élevés de populations allogènes, au motif que la République, très forte, serait capable d’intégrer chacun dans son grand creuset laïc et républicain… Tant pis si ça ne marche pas. On fera semblant que si. Et ceux qui ont “peur”, parce qu’ils voient les populations changer autour d’eux, qu’ils doutent de la volonté de l’ État d’imposer ses standards, seront vilipendés.

Votre peur ? « Un fantasme. Une théorie ».

Cet argumentaire, en plus d’être absurde, est d’une violence inouïe. UN sentiment, par définition, ne peut être une « théorie. » Si autant de gens, en France, en GB, en Allemagne, en Hongrie… Sentent leur « identité culturelle » menacée et le disent, QUI sommes-nous pour décréter que leur ressenti ne vaut rien? Ne devrions-nous pas, plutôt, entendre leurs craintes et tâcher d’y répondre?

Si nous sommes sûrs que ce risque de « grand Remplacement » est un fantasme, ne devons-nous pas apaiser aves des études basées sur des données fiables ?

Nous sommes tellement habitués à contempler l’UE marcher sur la tête et s’autodétruire, que nous ne songeons même plus à exiger d’elle qu’elle se dote des instruments de sa survie. Des outils, une recherche, une prospective intelligentes. Des instruments statistiques signifiants.

A défaut, et vu le niveau du débat, marqué de haines, de rancunes, d’amalgames, je redoute que tout cela finisse dans un bain de sang… Je pèse mes mots.

Il n’est jamais trop tard pour s’ausculter, pour faire Nation. Je veux savoir QUI sont mes frères, ce qu’ils pensent, ce qu’ils croient, ce qu’ils espèrent.

Des statistiques ethniques me donneraient l’occasion de partager leurs vues. De comprendre. De connaître.

Leur absence est un voile, une insulte à l’avenir, terreau de l’outrance. Un blanc-seing pour tous les extrêmes.

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