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En 1886 paraissait l’ouvrage de Siméon Luce (1833-1892) Jeanne d’Arc à Domrémy, sous-titré Recherches critiques sur les origines de la mission de la Pucelle. Élève de Jules Quicherat, formé au petit séminaire, Siméon Luce sut se démarquer des historiens qui, dans le sillage de Michelet, voulaient faire de la Pucelle une héroïne laïque. Ses lignes témoignent d’une rare objectivité et sont en même temps révélatrices de la grâce que Jeanne d’Arc opéra en lui.

Ce grand chartiste, qui fut président de la Société de l’École des chartes et membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, vibre en évoquant les jeunes années de la Pucelle. Ainsi Siméon Luce s’inscrit-il dans le mouvement qui, après le poète Casimir Delavigne et bien d’autres, conduisit Jeanne d’Arc à devenir notre grande héroïne nationale. Sa découverte dans les archives de Meurthe-et-Moselle du fil conducteur entre Vaucouleurs et la cour de France, son étude magistrale sur le village de Domrémy, font de ce livre un apport fondamental à la connaissance de Jeanne d’Arc, même si elle doit conserver la part de mystère qui nous la fait tant aimer.

Petite-nièce de Charles Maurras, historienne spécialiste des Orléans, essayiste et journaliste, Dominique Paoli introduit et écrit une postface à cet ouvrage réédité par les éditions Via Romana.

Siméon Luce résume Jeanne d’une belle façon :

«La Pucelle n’est pas seulement le type le plus achevé du patriotisme, elle est l’incarnation de notre pays dans ce qu’il a de meilleur. Il y a dans la physionomie de l’héroïne du XVe siècle des traits qui la rattachent à la France de tous les temps, l’entrain belliqueux, la grâce légère, la gaieté primesautière, l’esprit mordant, l’ironie méprisante en face de la force, la pitié pour les petits, la faibles, les malheureux, la tendresse pour les vaincus. De tels dons appartiennent pour ainsi dire à notre tradition nationale, et la libératrice d’Orléans les a possédés à un si haut degré que cette face de son génie a frappé tous ses admirateurs. »

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