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Guerre civile. Si l’expression est dans tous les esprits depuis longtemps, dans toutes les bouches depuis un peu moins longtemps, et maintenant même dans celle du président de la république – c’est l’Élysée qui l’a fait savoir à la presse – il ne faut pas prendre cette perspective à la légère.

Il suffit de prendre le temps de discuter avec celles et ceux qui ont eu le malheur de vivre de l’intérieur des combats de guerre civile, de les écouter la gorge nouée raconter l’horreur, l’indicible, pour se convaincre qu’on ne joue pas là avec des concepts, mais bien avec une réalité concrète, monstrueuse, destructrice, qui tue par millions et marque de manière indélébile ceux qui s’en sortent.

Il faut écouter les militaires français qui ont vécu le Kosovo lorsque des ex-Yougoslaves s’entretuaient. Il faut regarder leurs yeux se perdre dans leurs souvenirs lorsqu’ils évoquent les combats à la fourche, à la hache, les enfants mêlés aux marches meurtrières des adultes, les larmes et le sang.

La France est dans une situation explosive, car les haines s’y accumulent. Je ne crois pas que c’est en bridant la liberté d’expression que l’on calmera ces haines : au contraire, la frustration engendre plus de violence in fine. La censure ne fait que retarder la catastrophe, tout en l’amplifiant à l’avance.

Ce n’est pas non plus le Bisounoursisme béat qui apportera la solution aux antagonismes qui se font face.

Il faut avoir à l’esprit la prévision de Gérard Collomb – “Aujourd’hui, on vit côte à côte. Moi je crains que demain, on vive face à face” – et tout mettre en oeuvre pour qu’elle ne devienne jamais réalité. Tout ? Oui, tout, dans le cadre de notre civilisation. Pour reprendre l’expression de Benoît XVI, il y a des points non-négociables. Des points de civilisation. C’est avec cette intransigeance-là, notre Histoire au coeur et notre civilisation en bandoulière, que nous serons à même de poser les fondations d’une société ferme, en cohésion.

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