Agression de Jordan Bardella

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Moissac, samedi après-midi. Jordan Bardella signe des livres, discute avec des familles, prend des photos. Rien de spectaculaire. Et soudain, un septuagénaire s’avance, lui écrase un œuf sur la tête, puis se fait maîtriser par les gendarmes. Un geste pathétique, mais surtout révélateur d’un climat que beaucoup refusent encore d’assumer.

Ce qui s’est passé n’a rien d’un « incident amusant », comme certains l’ont glissé avec leur ironie habituelle. Ce n’est pas un happening de militants facétieux. C’est une agression. Une agression ciblée, contre un responsable politique majeur, dans un pays où l’on se félicite encore naïvement d’être « une démocratie apaisée ».


Apaisée ? Vraiment ?

Il suffit de voir avec quelle complaisance une partie du pays traite toute violence visant le RN. Lorsque l’agression touche un élu macroniste ou socialiste, les condamnations fusent. Lorsque c’est un responsable de droite nationale, on sourit, on ironise, on minimise. On parle d’œuf, on parle de « geste symbolique ». À force de relativiser selon la couleur politique de la victime, la France s’est fabriquée un double standard qui alimente précisément ce genre de passage à l’acte.

Un septuagénaire qui se jette sur un leader politique : voilà où nous en sommes

Et déjà, certains s’empressent d’expliquer, d’excuser, de contextualiser. Il y avait une manifestation anti-Bardella à quelques mètres ? Pure coïncidence, bien entendu. L’homme n’a peut-être aucun lien ? Alors tout va bien : circulez, citoyens, il n’y a rien à voir. Surtout ne réfléchissons pas au climat haineux entretenu jour après jour par des responsables politiques, des éditorialistes, des militants qui passent leur temps à déshumaniser ceux qu’ils n’aiment pas.

Et voilà où cela mène : un vieillard persuadé qu’il accomplit un acte « légitime », un geste « militant », alors qu’il commet simplement une violence, dont il devra répondre. Une violence que certains encouragent sans le dire, en laissant planer le message permanent que tout ce qui touche le RN serait, au fond, mérité.

On joue avec le feu. Et comme toujours, ceux qui y mettent l’allumette prétendent ensuite qu’ils n’y sont pour rien.

Jordan Bardella n’a pas été blessé. Très bien. Mais combien de temps encore avant qu’un œuf devienne un projectile plus dangereux ? Avant qu’un excité, galvanisé par des discours délirants, décide de « faire justice lui-même » ? On a vu ce que cela a donné dans d’autres pays. Nous ne sommes pas immunisés.

La vérité, c’est que la vie démocratique française se fissure

La violence politique n’est plus l’affaire de groupuscules radicaux : elle s’installe, doucement, tranquillement, dans le quotidien. Farine à Vesoul, œuf à Moissac… À chaque fois, les mêmes ricanements, les mêmes relativisations, les mêmes excuses. Jusqu’au jour où la farce tournera mal.

Il serait peut-être temps que tous ceux qui excitent les foules, attisent la haine, nourrissent l’idée que certains élus ne méritent ni respect ni sécurité, se regardent en face. Et qu’ils aient le courage, pour une fois, d’assumer leur responsabilité.

Parce qu’à force de jouer avec des œufs, la France finira par récolter des éclats autrement plus dangereux.

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